Du phénomène de la bibliothèque, Joseph Kosuth (2006)Médicis, Flore, Femina, Goncourt,
Interallié… Que représentent les prix littéraires aujourd’hui ? Un bandeau
rouge sur une couverture ? Imparable. Des ventes boostées après un jeu de
chaises musicales entre les maisons dominant le secteur ? Sans nul doute.
Un gage de qualité ? C’est déjà moins évident. Il suffit de se pencher sur
le palmarès du plus célèbre d’entre eux, le Goncourt, pour le constater. Entre
les politiques politiquement corrects (pensons à l’année passée avec Syngué sabour
et sa Pierre de patience), les insignifiants (qui se souvient de Pascale Roze et du Chasseur
Zéro, Goncourt
1996 ?), les navrants (liste trop longue), que reste-t-il des
Goncourt ? On le sait, beaucoup de “monuments” ne l’eurent pas : le
plus beau raté date de 1932, lorsqu’on préféra Les Loups de Guy Mazeline au Voyage au
bout de la nuit de
Céline. Les grands seigneurs le refusèrent : Julien Gracq en 1951 pour Le
Rivage des Syrtes.
Alors ? Au cours des dernières années, on pourra sauver Jean-Jacques Schuhl
(Ingrid Caven,
2000) et Jonathan Littell (Les Bienveillantes, 2006). Avec ce dernier se vit
couronné un texte magistral, plébiscité par le public (enfoncée, La
Possibilité d’une île,
sensation supposée de l’année) et la critique. Une plongée au fond de l’âme
d’un SS qui a suscité quelques polémiques (mais il ne pouvait pas en aller
autrement puisque le sujet, la guerre vue par un bourreau ordinaire, s’y prête)
et engendré un vif débat, certains oubliant qu’il s’agit d’un roman et non d’un
livre d’histoire, malgré un travail documentaire impressionnant… Le mois de
novembre 2006 était à marquer d’une pierre blanche : les jurés du Goncourt
avaient récompensé un chef-d’œuvre. Qu’en sera-t-il en 2009 ? Réponse
lundi 2 novembre à 12h45
Hervé Lévy (herve.levy@wik-lesite.fr)
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