Pas de successeur pour les couvreurs

Emilie

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En ces périodes de tempête, les toitures souffrent. Pourtant, le métier de couvreur peine à trouver des professionnels. Voici l’exemple de deux couvreurs, dont un cherche un repreneur à qui confier l’entreprise qu’il a mis des années à créer et développer, et l’autre, un apprenti à qui transmettre son savoir et sa passion.

Une retraite retardée, faute de repreneur

Michel Billaquois aurait pu prendre sa retraite depuis un an et demi déjà. Mais, faute de repreneur pour son entreprise, il continue encore et encore. Parce qu’il aime son métier, parce qu’il veut voir son entreprise continuer à vivre. Michel se donne encore deux ans pour trouver quelqu’un qui reprendra son affaire. Il se voit bien tuteur de son successeur, à qui il ne transmettra pas seulement du matériel, mais également son expérience et sa clientèle.

Le couvreur explique qu’il ne veut pas se précipiter, parce qu’être entrepreneur demande du temps, de la préparation et un entourage solide. Il prévient aussi : “Quand on est artisan, la règle d’or, c’est de ne pas compter ses heures”. Ses heures, Michel les passe non seulement à l’exercice minutieux de son métier, comme avec le travail de l’ardoise, mais aussi à créer des liens. Une vision du métier qu’il espère transmettre en même temps que son entreprise.

Pas d’apprenti couvreur

Frédéric Frère a créé son entreprise en juillet 2011. Aujourd’hui, il a six salariés qui forment trois équipes et couvrent les régions de Beauce, Ile de France et Normandie, dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de Chartres, en Eure-et-Loir. Les monuments du patrimoine départemental demandent des matériaux et des techniques de travail précis, qui requièrent un apprentissage et un savoir-faire qui s’apprennent en chantier. Mais le patron-couvreur, qui pensait embaucher et former un jeune dès la rentrée, n’a toujours pas d’apprenti.

Il déplore le manque d’intérêt des jeunes pour un métier pourtant porteur d’emploi, dû, selon lui, à l’image de l’apprentissage en général, dévalorisé par rapport aux filières générales. “Nous devons parler de nos métiers aux jeunes car il y a une méconnaissance complète de notre filière qui souffre d’une mauvaise image. Or, nous avons un métier passionnant qui touche à la Culture, les Arts et le patrimoine en général…” Il ne désespère pas de trouver un apprenti à qui il pourra non seulement transmettre son savoir-faire, mais également sa passion et son amour du métier.

Si, pour trouver un artisan, il est judicieux de comparer les tarifs, comme on peut le faire pour les couvreurs sur leboncouvreur.pro/tarif-couvreurs/, la passion et l’amour du métier ne sont pas à négliger, comme ceux qui animent ces deux professionnels, plus en mal de succession que de clientèle.